
Retrouvailles avec la Serie A. Après une longue (et éprouvante !) année sur le plan personnel, le temps est venu pour moi de prendre des vacances bien méritées. Direction Rome, une ville que je connais par coeur ou presque, pour avoir eu la chance de m’y rendre une petite dizaine de fois. Le lieu n’a pas été choisi par hasard, outre mon amour pour la ville éternelle, il y a aussi et surtout l’ouverture de la Serie A, avec un très beau Lazio – Bologna.
LAZIALE, LA MAL-AIMÉE.
Quand on a la chance de bien connaître Rome, on sait Ô combien la Lazio est dépréciée. Ici, tous ou presque supportent la Roma. L’antagonisme remonte à 1927 lorsque le Partito Nazionale Fascista dirigé par Benito Mussolini décide d’unir tous les clubs romains afin de contrer l’hégémonie footballistique des clubs du Nord. Sur les cinq clubs présents dans la capitale, quatre acceptent : l’Alba Audace, Fortitudo, Pro Roma et Roman FC. L’unification de ces quatre entités donne naissance à l’AS Roma. Le seul club à s’opposer à cette fusion est la Società Podistica Lazio (que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Società Sportiva Lazio). À l’origine, la Lazio était donc déjà un club à part tant à Rome qu’en Serie A. Et cela se confirme encore aujourd’hui. Dans le centre ville de Rome, les boutiques de l’AS Roma sont multiples. La plus connue d’entre elles se situe dans l’hyper-centre de la capitale, Via Del Corso. Pour trouver une boutique de la Lazio en revanche il faut s’armer de patience. Il suffit également de discuter avec les romains pour se rendre compte que l’immense majorité supportent la Roma. La minorité Laziale se veut pourtant bruyante. Leur tifoseria, les Irriducibili est l’une des plus redoutée d’Italie.
UN STADIO OLIMPICO BLEU DE MONDE
Le stade se remplit peu à peu, les Irriducibili donnent déjà de la voix à une demie heure du coup d’envoi. À côté de moi, une partie de la vieille garde est aujourd’hui en latérales. Tatoués de la tête aux pieds, les cinquantenaires bâchent, déconnent, allument un joint. L’occasion pour certains de revoir des collègues qu’ils n’avaient plus vus depuis trois mois et la fin de l’exercice précédent. Bref, l’ambiance est bon enfant.
Je m’y suis un peu pris comme un manche quand j’ai réservé ma place, et me retrouve donc assez loin du Top. Mais le scénario du match fait que les décibels montent très rapidement. Dès la 6ème minute, le gardien de la Lazio, Maximiano prend un carton rouge. Une demie heure plus tard, l’arbitre siffle un penalty pour Bologna, transformé par Arnautovic. Face à cette injustice, l’ambiance s’en voit décuplée. Je n’ai pas encore eu l’occasion de faire beaucoup de tifoserias italiennes, mais bordel, ça claque.
La Tevere répond au Kop, les « LAZIO » sont suivis par tout le stade… Bref, le football populaire comme on l’aime (si on fait abstraction du prix des places en Serie A). Dans le temps-additionnel de la première période, Soumaoro, joueur de Bologne, est à son tour exclu suite à une accumulation de fautes. Il se voit raccompagné aux vestiaires par une pluie de cris de singes. À la 68ème, j’ai la bonne idée de sortir mon téléphone, chose que je fais pourtant très rarement pendant un match. Grâce à un CSC de De Silvestri, les Laziale égalisent. Dix minutes plus tard, le meilleur buteur de l’Histoire de la Lazio double la mise et offre la victoire aux Biancocelesti dans un stade en pleine ébullition.
Le joli parcage de Bologne (malheureusement zappé de prendre une photo) qui donnait de la voix jusque-là se taira jusque la fin de la rencontre. À la fin du match, direction le centre de Rome pour manger des Cannolis qui me resteront sur le ventre jusqu’à mon retour sur Nizza le lendemain. Décidément pas la meilleure action de cette belle soirée.