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Fiodor Dostoïevski – Crime et Châtiment

En maître absolu de la pensée métaphysique, Dostoïevski nous plonge dans les méandres de la psychologie humaine. Rodion Romanovitch Raskolnikov, jeune étudiant brillant est forcé d’abandonner ses études de droit. En cause, une précarité sans commune mesure. Son prolétariat se transforme, au fil des pages, en une obsession maladive. Raskolnikov est persuadé qu’il existe deux catégories d’Hommes : les gens ordinaires (aussi appelés matériaux) et les surhommes dont il n’existe qu’une poignée par génération, qui disposent notamment du droit moral de tuer.
Persuadé d’appartenir à cette seconde catégorie de personnes, il prend pour modèle Napoléon. Sa théorie se veut simple “Dans ma situation, Napoléon se serait-il abandonné à cette pauvreté ou, au contraire, aurait-il fait tout ce qui était possible pour s’enrichir et lancer sa carrière?” La réponse de Raskolnikov est sans appel, les hommes de leur trempe ont pour devoir moral de s’affranchir de tout obstacle, quitte à faire couler le sang. Se rendra-t-il coupable d’un tel crime ?
Vous l’aurez évidemment compris, Raskolnikov va franchir le rubicon.
Muni d’une hache préalablement empruntée à son concierge, il se rend dans l’appartement d’une usurière bien connue de son quartier et l’assassine. La soeur la défunte qui, entrant par le plus grand des hasard dans l’appartement de celle-ci, apercevra le cadavre de sa soeur, subira le même sort. Après avoir dérobé une infime partie des biens mis en gage, il va les dissimuler sous une pierre sans même s’intéresser à leur valeur.
Une fois rentré chez lui, il est pris d’une fièvre violente et d’hallucinations. le dégoût qu’il ressent, tant au sujet de l’acte commis qu’en son incapacité à passer outre et à s’affranchir de la morale, le font sombrer dans la folie. Il comprend que rien ne pourra racheter sa faute et qu’il s’est, par son geste, retiré de l’Humanité. Ses remords maladifs, iront même jusqu’à l’empêcher de s’adresser à ses proches. Au gré d’une rencontre avec une prostituée au coeur pur nommée Sonia Semionovna Marmeladova et alors même qu’il n’est pas religieux, il lui demande avec ferveur de lui lire le passage de l’Évangile de Jean (11, 1-44), portant sur la résurrection par Jésus de Lazare. Il lui confesse son crime, et blêmit face à la bienveillance offerte par Sonia, qui l’enjoint toutefois à se rendre aux autorités et à recevoir sa part de souffrance pour se racheter avec.
Condamné à huit années de travaux forcés en Sibérie, et suivi par Sonia, il entame avec elle une relation et se sent ressuscité par cet amour nouveau, à l’image de Lazare.

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