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Étoile Rouge – Partizan : le derby éternel

Depuis toujours, l’un de mes rêves était d’assister au Derby Éternel de Belgrade. On apprend courant novembre que la rencontre se déroulera le week-end du 2 mars. Immédiatement je réserve vol + hôtel. Mais comme chaque année, l’organisation serbe parvient à faire pire que la LFP et à décaler d’une semaine le derby en catimini. Ce ne sera toujours pas pour cette année. Le prix des billets d’avions et des chambres d’hôtels s’étant envolés, et la crainte de réserver une nouvelle fois pour rien ayant fait son effet. C’était sans compter sur les cadeaux de Noël, et ce derby offert. Bref, nous sommes le vendredi 8 mars et il est temps de s’envoler pour Belgrade.


Départ le vendredi soir à 23h, arrivée sur les coups d’1h30 à l’aéroport. On aperçoit déjà plusieurs inscriptions en cyrillique, le dépaysement est total et le plaisir aussi. Le temps d’arriver à l’hôtel de rejoindre la chambre, il est déjà 2h30. Évidemment à cette heure-lò tout est fermé, mais on n’a rien mangé. Ici, pas d’Uber, ni d’Uber Eats, seulement Glovo. Il reste 2/3 établissements d’ouverts, je me contente d’une sorte de panini au nutella, Mon frère quant à lui, s’envoie déjà un sandwich quatre viandes. Chose que nous ne savions pas en partant, les serbes sont des férus de viande. La quasi-totalité des plats traditionnels sont composés de viande. Pour les rares véganes qui liroient ce CR, préférez les supermarchés ou l’hideux sandwich végane du MeDo. Vous risquez une syncope en ouvrant la carte des plats. Dès le lendemain, visite de la ville. Notre hôtel est idéalement situé à Skadarlija. On remonte la rue jusqu’à la Place de la République à partir de laquelle nous rejoignons Kalemegdan, le plus grand parc de Belgrade où se dresse la capitale de la ville. Cette dernière est splendide. On y retrouve une architecture unique, entre le brutalisme communiste, des immeuble plus contemporains et d’autres à l’architecture plus ancienne. C’est la première fois qu’il m’ait été donné de voir un tel cocktail. Vous vous retrouvez parfois à admirer un vieil immeuble délabré de l’époque communiste, qui à défaut d’être beau (au sens hausmannien du terme) a un cachet comme vous n’en retrouvez nulle part ailleurs. En ceci, c’est un peu le même sentiment que j’avais ressenti à Naples.

Assez flâné. L’architecture et la gastronomie c’est cool, mais nous ce qu’on aime c’est l’odeur de soufre. Il est 14h, quand Bogdan le taxi (la version hard-core de oui-oui) nous prend en voiture. Le jeune monte à l’avant, du moins après que BLT ai retiré son énorme Bible en cyrillique posée sur le siège passager. Ce dernier nous dépose à pas moins d’1 kilomètre du Marakana. J’aime bien marcher mais j’ai surtout le sentiment que le collègue a pas envie de voir sa voiture caillassée, difficile de ne pas le comprendre. A plus forte raison encore quand, une fois sorti du taxi, je vois une armée de flics. Gardez en tête qu’on est à… 1 kilomètre et demi du stade. Cest comme si à l’époque du Ray, tout était bouclé entre Las Planas et Gare Thiers, Avec une impossibilité de rouler, mais aussi une impossibilité de se rapprocher car les points de passages sont bloqués par les flics jusqu’à 2h30 avant la rencontre. On prend notre mal en patience et rejoignons un des fameux points. Le ton est donné. D’autant que, point important à mentionner, le serbe est grand. À Nice, où beaucoup d’entre nous avons des origines italiennes, rares sont ceux qui dépassent le mètre 80. De la même manière, le niçois n’a pas un morphotype « costaud » de base. Bon, quand tu vois que côté flics, pas un fait moins d’1m90 et 90 kilos, avec les épaules aussi larges que les foot-batleurs américains sous épaulettes, tu comprends un peu mieux la rusticité des types. Le point de passage est enfin ouvert vers 14h30. On arrive derrière la tribune des Delije où sont déjà réunis une bonne partie d’entre eux (leur bor se trouvant à quelques mètres de la tribune). Petite déception, les Delije ont une véritable boutique. On peut comprendre que cela soit tentant d’outant qu’elle n’o pos désempli de tout l’avant-match. Mois c’est toujours un peu triste de voir des groupes ou vrir des boutiques et se revendiquer football populaire. D’outant que si certains articles sont effectivement ultras (sticks, t-shirt groupe, patchs stone island Delije…) d’autres sont purement et simplement du merch comme on en trouve dons des boutiques de club.

Comment décrire l’ambiance au coup d’envoi ? C’est malheureusement un exercice trop difficile que d’expliquer ce que j’ai, et ce qu’on a probablement tous ressentis face à cette ambiance. Pour la première fois depuis 20 ans, le match se jouait à guichets fermés. En effet, le Partizan 1er, jouait contre l’Etoile Rouge seconde, à seulement un petit point. En cas de victoire, la Crvena Zvezda s’emparerait donc de la première place de son ennemi juré, le Partizan. Tout le monde a bien conscience de ce qui se joue. Et même si l’on n’est pas supporter de l’un des deux clubs, on sent très bien la tension qui peu à peu gagne le stade et ses travées. L’ambiance est… irréelle. Je pensais avoir vécu le summum de ce qu’un stade pourrait m’offrir en terme de décibels après le Legia – Alkmaar de décembre dernier, c’était une belle erreur. Comment mieux résumer l’ambiance que par un ceci: de la première à la dernière minute, il n’est pas passé seule minute sans torche allumée. Je n’avais jamais vu ça. Ça a craqué en Grobari comme en Delije pendi 90 minutes. Les deux équipes rentrent aux vestiaires sur le score de 1-1. Au retour des vestiaires, les Delije déploient un deuxième tifo, suivi par un craquage pots de fumée. Vers la 75ème minute, énorme craquage en Delije. Les Grobari ne sont pas en reste non plus. Les deux équipes se quittent sur un score nul, deux partout. Côté tribunes en revanche, et bien que Delije aient proposé deux tifos de très grande qualité, force est de constater que les Grobari étaient une classe au-dessus. Vocalement, ils ont réussi à avoir l’avantage sur les Delije pourtant chez eux. En bref, un match unique que je ne reverrai pas de sitôt (voire peut-être jamais). Je conseille à tous ce qui aiment le foot populaire de le faire une fois dans leur vie. De mon côté j’attends la saison prochaine refaire ce derby dans le stade du Partizan. Le soir, on dine dans un restaurant traditionnel serbe de la rue Skandarlija. La cuisine serbe est délicieuse, mais ce qui nous a le plus convaincu est sans doute le Ajvar, sorte de mousse de poivrons.

Le lendemain, visite très sympathique de la forteresse de Belgrade, avec notamment un musée à ciel ouvert de tanks et autres lanceurs d’obus. On prend également le tramway de Belgrade pour la première fois. Un tramway super pratique, puisque pour acheter son billet il suffit de se rendre sur le site entièrement rédigé en cyrillique de la compagnie de tram, puis de télécharger une application complètement bugguée, de convertir ses euros en dinars serbes et de prier pour choisir la bonne zone (A ou B, une chance sur deux et évidemment aucune indication à ce sujet). Le tramway était une expérience cela dit très sympa puisqu’avec la ligne 2 au départ de je ne sais plus où et jusqu’à Skandarlija, vous visitez peu ou prou tout le centre ville, Un peu moins fun néanmoins, quand Ivan le SDF a jugé bon de dégueuler à même le sol. Néanmoins, qui peut lui en vouloir ? Cela ne nous est-il pas déjà arrívé à tous ? Grandé Ivan. Le soir direction la Hala Pionir (salle de basket) pour voir un match au suspense immense puisque l’Étoile Rouge affrontait Krka. Le premier du championnat contre le dernier, qui après 22 journées en avait perdu 18. Ah oui, et fun fact, l’Étoile Rouge possède (ou loue bref on s’en branle) deux salles : la Stark Arena, équivalent du Santiago Bernabeu en version Basket, et La Hala Pionir, équivalent du terrible Stode Francis le Blé. Les cinq prochains matchs domicile étaient à la Stark Arena, mais on a eu la bor idée de réserver des places VIP pour ce match au suspens intense en plein milieu des moulins de Belgrade. A 20€ euros la place VIP, je ne m’attendais pas à ce que Sonja me déroule le tapis rouge et me serve du champagne. Et bien je n’ai pas été déçu, puisque place VIP donnait droit à… RIEN. Wallou, keutchi, nada. Bref, mon vier. Seul avantage de « l’espace VIP », être entouré par des stadiers. On se rêverait presque faisant partie de l’élite serbe si la majorité de cet espace n’était pe composé de quarantenaires bourrés préférant se retrouver dans cette salle paumée qu’avec leurs femme botoxées à souhait, pas foutues de réussir un Ajvar. Comme prévu, le score fut très serré 110 à 57. Mention spéciale au joueur du match, le bon vieux Yago Dos Santos seul brésilien d’1m75 basketteur plutôt que footballeur. Le gars avait le choix entre Botafogo et se taper des match de basket dans le fin fond de la campagne serbe, il a choisi d’être beau joueur. Respect éternel Yago.Le soir, on va manger à Tri Sevira, un resto traditionnel pour ne pas déroger à la règle. Il aurait été sympa qu’ils nous avisent avant de réserver que c’était un resto dont la spécialité était de se taper des chanteurs lyriques allant de table en table pour siphonner le reste de patience qu’il me restait. Il y a une règle pourtant très simple, si tu es chanteur lyrique italien, et que tu te retrouves à Belgrade pour récolter quelques dinars contre une version revisitée de Con Te Partiro, c’est que t’as merdé quelque part. Cela dit la nourriture était encore une fois délicieuse.

Lundi, dernier jour sur place. On s’affaire à visiter la très célèbre Église orthodoxe de Saint-Sava. Wouah. Quelle claque. Les orthodoxes sont les seuls êtres sur terre à aimer encore plus l’or et les dorures que nous, catholiques. La quasi totalité de l’église en est recouverte, ce qui la rend évidemment magnifique. À midi on mange dans un restaurant italien. Il nous fallait ce sas de décompression avant de repasser de Belgrade à Nice. On y rencontre un serveur supporter du Partizan, qui connaît très bien Nice. Il nous demande comment c’est possible d’être passés de la 2ème à la 5ème place en si peu de temps, Fallait pas me chauffer Dragan, tu veux en parler, on va en parler. Je passe les dix minutes qui suivent à lui expliquer dans un anglais un peu cabossé par la fatigue que Thuram n’est pas vraiment joueur de foot mais artiste peintre, qu’on a recruté un pizzaiolo comme coach, et que Dante a déjà réservé sa suite à l’EHPAD de la Rosée rue Saint-Barthélémy. Le pauvre bonhomme semble réellement affecté par tout ce que je lui raconte, au point qu’il m’offre (tout ça est réel c’est ce qui rend l’histoire encore plus fun) deux boules de gloces, une fraise et une chocolat « aux couleurs de l’OGC Nice ». Dragan, que Dieu veille sur toi vieux frère. L’après-midi direction le stade du Partizan pour au moins le visiter avant de partir. Je n’avais pas pu le foire en ECL il y a deux ans à cause du COVID, donc c’était l’occasion. J’essaye de regarder sur le site internet s’il existe un « stadium tour » comme dans tous les clubs normaux. Quitte à dépenser mes quelques dinars restants, autant que ce soit là-dedans. Pas l’ombre. Bon. Arrivés sur place, le shop est ouvert, de quoi acheter des shooters, on n’aura pas fait le déplacement pour rien. On demande à Ana s’il y a moyen de visiter le stade. Son anglais est encore plus bancal que le notre, mais elle arrive à nous expliquer que « turn right officer ask ». Ok cousine, merci pour tout. Effectivement en tournant à droite, it y a une sorte de type dont on ne sait pas vraiment s’il est stadier, policier ou proxénète, qui nous pointe du doigt une porte. On s’exécute, ne sachant pas trop vers quoi elle mène. Qu’elle ne fut pas notre surprise quand en l’ouvrant et en marchant dix marches, on se retrouve dans l’enceinte du stade. Et ça, ça pue le foot populaire comme on en fait plus. Visite gratuite, sans guide touristique de merde, livré à toi-même dans le stade. Moi qui étais plus Étoile Rouge avant ce voyage, je me retrouve à apprécier de plus en plus le Partizan.

Pour aller plus loin, je vous invite à aller regarder le VLOG dédié à ce voyage

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