
Il n’existe que très rarement dans la vie d’un lecteur assidu, des ouvrages qui font un sens tel, qu’il devient difficile de s’en détacher. J’ai eu la chance de commencer mon parcours initiatique de l’oeuvre de Dostoïevski par Les Nuits Blanches, que je recommande à tout un chacun comme une introduction sommaire à une oeuvre magistrale.
Si la vie était un désert, les Nuits Blanches seraient les premières gorgées d’eau avalées d’une traite, de travers. On se retrouve fort maladroit et, pourtant, on s’en délecte. Les Frères Karamazov quant à eux, seraient comparable au meilleur des vins. Après l’hydratation vitale et nécessaire, l’allégresse et la béatitude.
Que dire de cette oeuvre? Elle aborde tout des enjeux métaphysiques, l’esprit, la nature, Dieu, la morale, la justice, la philosophie, la causalité, l’âme, la passion au sens étymologique « patior » (souffrance, supplice) mais aussi les relations fraternelles, amoureuses et paternelles. Bien que Dmitri soit le personnage favori de nombre d’entre vous, et, notamment, de Cioran, ma préférence va pour Aliocha. Âgé d’une vingtaine d’années, ce jeune moine est la parfaite représentation de l’ascète orthodoxe de la Russie du 19ème siècle. Face à la moralité absente de son patriarche et plus que douteuse de sa fratrie, il s’élève en grandeur, en sagesse et en bonhomie. Ce n’est pas pour rien que Dostoïevski préparait, avant sa mort, une suite aux frères Karamazov centrée sur la vie d’Aliocha.
Si comme Alexeï Fiodorovitch Karamazov « Aliocha » et moi, vous croyez en une vie après la mort, vous devriez être tout aussi pressés pour lire cette suite…