
Comment considérer cette oeuvre autrement que comme la parfaite représentation du personnage retors par Dostoïevski.
Que de traits en commun avec d’autres personnages majeurs de la littérature dostoïevskienne, Dimitri, Raskolnikov pour ne citer qu’eux.
Ayant pleinement conscience de ses qualités intellectuelles bien supérieures à celles de ses contemporains, le narrateur ne peut s’empêcher de constater, avec une aigreur sans commune mesure, que ces derniers ne le tiennent pas en estime. Pire encore, ils ne le jaugent qu’à l’aune de son statut social et de sa réussite professionnelle ; laquelle étant pour ainsi dire inexistante. Rejeté par ses parents puis par ses camarades, il se mure dès le plus jeune âge dans un mépris universel.
Alors qu’une porte de sortie s’offre à lui par l’intermédiaire d’une jeune prostituée tombée en adoration devant lui, il n’est capable que de vicissitudes. Il préfère se terrer dans son sous-sol et refuser son amour plutôt que d’avoir à supporter ce qu’il appelle la « vie vivante ». Sa vision de la réalité est ténébreuse, son échec manifeste à être reconnu par ses pairs comme le génie littéraire qu’il est, le conduit à endosser cet apparat d’homme vil, geignard et sale.